lundi 27 novembre 2017

Parlons un peu sérieusement...


Tu en as évidemment entendu parler : Watsuki Nobuhiro a récemment été arrêté pour "pédophilie". Et de là, tout le monde pense que sa propre enfance a été violée, que désormais "rien ne sera plus comme avant" et que bien sûr "je ne pourrai plus jamais regarder Kenshin". Ce salaud de Watsuki a tué Kenshin !

Ma question est donc fort simple : doit-on séparer l'œuvre de l'auteur ?

Ma réponse l'est aussi : catégoriquement OUI !

Et ce pour 2 raisons.

1) Welcome to reality
Si le dégoût te vient si vite à la lecture du motif de l'arrestation du maître, c'est que tu te sens trahi. Et peu importe que Watsuki ait été arrêté pour "pédophilie", ton rejet de tout ce qu'il représente aurait été activé par n'importe quelle incartade à la morale, qu'il ait battu sa femme ou volé dans un magasin comme une vulgaire Wynona Ryder. Le vrai problème, c'est qu'il est tombé de son piédestal, d'autant plus violemment que s'il y a un mec avec une production clean et qui joue pas sur le fan-service, c'est bien lui.
Et ce problème-là, il vient juste de ton cerveau d'imbécile qui a décidé arbitrairement que les pompiers c'est forcément des gentils, puisqu'ils risquent leur vie pour sauver des gens qu'ils connaissent même pas, et que les infirmières c'est forcément des dames très dévouées qui s'occupent bien des personnes âgées. Et puis un jour tu apprends que tout n'est pas si facile et que tout ne tient qu'à un fil.
Et tant qu'on y est, sache que ton musicien préféré est sans doute un drogué alcoolique qui trompe sa meuf avec des gamines de 15-16 ans lorsque l'occasion lui en est donnée.
Ça y est ? Il va arrêter de penser que les artistes sont forcément des gens géniaux parce qu'ils font des œuvres qui lui plaisent ?

La réalité, c'est que pour être artiste il faut être taré, c'est la condition de base. Quand t'es "normal", tu deviens pas artiste, tu suis la voie "normale", celle dont tu penses qu'elle va te permettre de bouffer tous les jours et d'avoir une famille. Point.

2) Parlons pédophilie, justement.
Tu vas me dire : "oui, mais la pédophilie, quand même, y a pas pire !". Je ne peux pas me prononcer précisément sur le matériel qui a valu à Watsuki son arrestation, mais d'après les descriptions qui ont été données, il s'agirait de DVD qu'on pouvait se procurer "normalement" jusqu'en 2014 et qui depuis sont illégaux. En clair, le mec aurait été arrêté pour du porn périmé. J'insiste sur l'aspect purement législatif du truc, parce qu'il y a une différence fondamentale entre violer des gamins, regarder des gamins se faire violer dans des vidéos que personne de normal ne sait où trouver, et avoir des DVD de gamines nues achetés à une époque où c'était permis. Watsuki serait donc un pédophile "de circonstance". Poussons la logique plus loin : si demain la nudité des enfants dans les mangas (ce qui a déjà été proposé au Japon) passait, tu deviendrais toi aussi un pédophile de circonstance, pour peu que tu aies du Dr. Slump ou du Dragon Ball à la maison. Ne parlons même pas de publications comme Comic LO, dont on peut penser tout le mal qu'on veut, elles sont pourtant en vente libre et en consultation gratuite. Dans une logique inversée, les fumeurs de cannabis aujourd'hui traités de "drogués" en France et éventuellement poursuivis et criminalisés deviendraient, en cas de légalisation, des gens tout à fait normaux et la France étant ce qu'elle est, nul doute que des associations se créeraient pour mettre fin à la "discrimination des fumeurs de cannabis", et bien sûr gare à l'employeur qui oserait refuser d'embaucher quelqu'un sous prétexte qu'il fume des joints !

Tu vois, ça marche dans les 2 sens.

Évidemment, reste le problème souvent soulevé : "oui, mais consommer ce genre de produits encourage leur production". Bien sûr. Mon propos n'est pas d'innocenter Watsuki, mais de te faire d'abord comprendre que Watsuki et Marc Dutroux, c'est pas la même chose. Et ensuite de te faire comprendre qu'associer œuvres et auteur, c'est dangereux.

Par exemple, imagine que tu entres dans ma chambre et tu vois ce poster :


Tout de suite, tu penserais que j'ai un gros problème. Alors que techniquement, non : la fille a plus de 20 ans au moment de cette photo. Il n'y a donc absolument rien d'illégal à avoir ce poster dans sa chambre. Mais quand même, l'idée générale de la photo étant justement de faire en sorte qu'elle n'ait pas l'air d'avoir 20 ans, tu ne pourrais t'empêcher de penser (à raison, je penserais pareil) que je suis un pédophile. Pour un poster d'une nana majeure.

Alors qu'est-ce que tu penserais d'un mec qui aurait passé la moitié de sa vie à peindre des gamines à poil et à les sauter ?

Check this out : une photo de Nagasawa Marina


Un tableau de Paul Gauguin 


Avoue que c'est troublant.

Alors la question que je te pose maintenant, elle est simple : on fait quoi ? On appelle le Musée d'Orsay pour qu'ils annulent leur expo d'un pédophile qui s'amuse à cracher sa syphilis dans des gamines ? On appelle la FNAC pour leur dire de dégager les œuvres de ce pédophile notoire de Verlaine des rayons ?

Tu penses qu'il va rester combien de notre si enviée culture si on commence l'épuration ? On revient à l'époque des autodafés ? Et si demain on découvre que les pharaons étaient pédos, on détruit les pyramides ?

Évidemment, tu comprends bien que l'argument d'une "autre époque", ça marche pas : y a pas de "bonne époque" pour mettre son gros zizi dans des gamins, même si pour certains, la bonne époque, c'est pas si lointain que ça.

Il faut que tu t'habitues à ce que l'art, parce qu'il est ce qu'il est, est généralement produit par des gens déviants. Cette déviance est plus ou moins criminalisée selon les époques, mais l'œuvre doit rester intouchable. L'antisémitisme aujourd'hui sévèrement condamné n'a pas empêché Céline de remporter le prix Renaudot. Le communisme qui fait désormais sourire a failli coûter la vie à Charlie Chaplin.

L'auteur sera jugé (ou pas) selon les codes moraux de son époque, mais l'œuvre, précisément parce qu'elle est intemporelle, ne doit pas être condamnée à la place de son auteur.

C'est pourquoi je continuerai à apprécier Kenshin et à le lire si les volumes suivants sortent. Parce que l'œuvre ne ment pas.

vendredi 3 novembre 2017

Ces femmes que ta femme ne connaît pas.

Je veux pas faire mon mec qui dit "je sais pas si c'est bon" avant de te servir à bouffer, mais entre le moment où j'ai décidé d'écrire un article sur les actrices de JAV et ce que tu vas lire là, il y a eu du ménage de fait. J'ai dû réduire la liste comme un Jacob Collier réduit ses pistes avant la fin du morceau, parce que je me suis dit que peut-être l'obsession anale de Fujii Rin ne te suffirait pas pour faire passer son râtelier pourri, ou que voir Shiina Sora se fâcher pour de faux avec sa copine officielle dans 100% des films qu'elles partagent pouvait te lasser.
Quant à ma cop's Noa... Ne parlons pas des choses qui fâchent...

On m'a demandé de faire une liste des actrices que j'aime, donc j'ai fait ça, indépendamment de leur actualité. Évidemment, tu me feras le plaisir de pas être le con qui commente pour me dire que je pourrais prévenir que les liens de l'article ou que l'article lui-même sont vachement tendus à regarder au bureau : c'est un article sur les actrices de JAV, donc le contenu est GRAPHIQUEMENT pornographique. Très.

1) La reine : Murakami Risa.


Voilà, juste tu peux pas test : la meuf est arrivée là en mode pure méritocratie, à gravir les échelons du soapland à base de compétences de ouf. Risa, elle fait tout : les hommes, les femmes, les vieux, les chiens... Avec ses mains, sa bouche, ses pieds... Elle est belle en film, belle en photo : je la trouve juste intouchable.


2) La star : AIKA.

J'imagine que j'ai pas besoin de te présenter en détails l'actrice la plus célèbre du moment : cheveux longs, cheveux courts, blonde ou platine, AIKA crève l'écran avec son corps de guedin. Spécialiste des films de massage et de viols de voisinage (?), la nouvelle gyaru a pas eu trop à forcer pour remplacer sa grande copine Izumi Mana, vu que cette dernière l'a adoubée directement.

Tiens, cadeau :

https://abekolover.tumblr.com/post/167085462252

3) L'expatriée : Marica Hase.


Fort jolie, pimpante, sexy, Marica Hase a décidé de quitter le pays qui paie le mieux ses actrices de porn pour aller faire carrière aux États-Unis, où elle compense probablement le manque à gagner par des tournages avec des acteurs noirs et l'ignoble taxe interraciale. Hommes, femmes, BDSM, Marica a peu de limites, mais se retrouve systématiquement à jouer l'étudiante japonaise, la conne de service avec ses 3 mots de vocabulaire, la geisha, quand c'est pas la masseuse chinoise avec son kimono rouge pétant... Du bons gros gâchis, si tu veux mon avis. Heureusement, des fois ça peut aussi se passer dans le silence et la classe.

Tiens, cadeau :

https://abekolover.tumblr.com/post/167085601067

Et puis quand elle repasse au Japon, il lui arrive d'offrir des boules de geisha à sa grande copine :


4) The underdog : Kanô Ayako.

Ayako, voilà une nana qui fait trop rarement des chouettes trucs, mais qui est systématiquement sous-exploitée, en général par des réalisateurs peu ambitieux. Rangée dans la catégorie "vieille meuf qui t'envoie pas son sex-appeal à la gueule du salaryman de base comme une lycéenne à moitié à poil", on la trouve confinée à des rôles de soutien avec d'autres actrices, alors qu'elle est bien meilleure en solo, notamment chez Henry Tsukamoto, qui n'a pas son pareil pour mettre les "vieilles" en valeur, nous y reviendrons.
Son morceau de bravoure restera sans doute ce film (seulement le deuxième DVD, hein), dont voici un extrait :

https://abekolover.tumblr.com/post/167085499552


5) La professionnelle : Kanno Shizuka.

Shizuka, comment dire... Elle a pas le corps d'AIKA, mais elle une aura sexuelle de malade. Elle a à la fois les yeux de la meuf abusée dans 80% de sa filmographie, et en même temps le vice d'une nana qui encule des mecs à l'occasion, et puis elle est juste une régulière de DOGMA, les marques sur les bras et les cuisses la suivant comme des tatouages de films en films. Curieusement, alors qu'elle a une langue à te faire des nœuds de marin sur la bite, c'est un atout assez peu exploité, à peine en a-t-on fait quelques jaquettes.
Un des grands noms du milieu, je suis vraiment fan de ce qu'elle dégage.


6) La mention spéciale du regret : Ôtsuki Hibiki.

Voilà une fille qui a des mains magnifiques, qui suce super bien, qui jouit pour de vrai même quand on lui demande pas et qui doit s'excuser ensuite, qui peut me faire bander rien que quand elle embrasse, mais voilà : elle a commencé à se transformer en clown. Je peux plus supporter sa gueule outrageusement surmaquillée, ses pommettes qui lui donnent tout d'un coup 10 ans de plus...
Je ne pouvais évidemment pas omettre la nana qui a abondamment shiofuké sur mon fidèle Tarô, mais j'ai peur d'avoir tourné la page en ce qui la concerne.


7) La cochonne : Nakamori Reiko.

Reiko est voluptueuse, a une voix grave, des seins à l'épreuve du temps et les yeux qui sentent le cul. On lui a fait jouer des trucs un peu vulgaires, mais elle n'est jamais aussi belle que dans les productions de Henry Tsukamoto, l'homme qui sublime les femmes du quotidien.
C'est une actrice que j'appréciais beaucoup, malheureusement surtout dans sa fin de carrière, et puis tout d'un coup, pouf : disparue.
Regarde-moi ça comment elle est érotique :

https://abekolover.tumblr.com/post/167085613714

8) L'étoile filante : Hasegawa Miku.


J'ai failli la zapper de la liste avec les autres, mais elle, elle est très spéciale car elle n'a quasiment officié que dans une seule catégorie – et paie ta catégorie : la meuf qui branle super bien les mecs et qui les fait shiofuker (= après l'éjaculation). C'est une truc que tu peux voir ailleurs désormais, mais elle, elle a fait QUE ça. Et en plus d'être mignonne, elle bosse bien.
Du coup, je peux pas te proposer un million de trucs d'elle, mais l'Histoire retiendra CE film.


9) La petite qui monte et qui défonce tout : Abe Mikako.

Je suis tombé sur cette fille complètement par hasard et j'ai halluciné : elle dégage un mélange de naïveté et d'arrogance qu'on trouve assez peu, et surtout elle montre une putain de gourmandise, dès qu'elle a des rôles où elle a le droit d'avoir un minimum d'ascendant, elle te fait tout de suite comprendre que c'est pas toi qui décides ! Au milieu de toutes ces meufs qui affichent des seins les plus volumineux possibles, elle a décidé de balancer cash sa non-poitrine comme argument de vente, et elle en impose tellement qu'elle a lancé la mode des nanas plates, à ceci près que les copies sont en général des sacs d'os, alors que Mikako se porte bien, merci pour elle. Je trouve sa présence super rafraîchissante et on voit déjà une attitude de groupe chez les jeunes (Mikako, Sora, AIKA, Hibiki) qui se fréquentent sur et en dehors des tournages qui tranche un peu avec ce qui se faisait avec la génération d'avant, et une sorte de "poussée de tout le monde" qui fait que toutes ces filles se donnent une visibilité inédite (les réseaux sociaux y sont évidemment pour quelque chose aussi).
Allez, un dernier cadeau :
https://abekolover.tumblr.com/post/167085612497

lundi 1 mai 2017

Et l'amour, enculé ? (part.5)

Ça fait un bout de temps que la Future Funk – un sous-genre de Vaporwave – constitue la bande-son de mes parties de TsumTsum, et tellement c'est bien de tomber sur des perles de J-POP remixées groovy, y a du bon et du moins bon, mais c'est globalement exactement ce qu'il me faut pendant que je fais des grosses chaînes de Mickey et de Picsou.

Bon.

L'autre jour, je tombe donc sur ce titre, et là, le choc : en une demi-seconde je reconnais Priss et le trait indubitable de Sonoda Ken'ichi. Toute mon adolescence en pleine gueule, bien plus que la voix extraordinaire de Boy George, que – malgré tout son talent – j'ai toujours haï après cette merde de Karma Chameleon.

Oh bah tiens : je m'en vais faire un article sur Sonoda Ken'ichi, décidai-je dans la seconde. Mais pour ça, il faut se documenter, et cher lecteur, tu n'as pas idée des sacrifices que j'ai dû endurer.

1) Bubblegum Crisis


Évidemment, qui dit Sonoda, dit Bubblegum Crisis, les OAV qui mettaient leur race à l'époque.
EH BAH PUTAIN ! Qu'est-ce que ça a mal vieilli ! Une vraie torture à regarder !
Alors que c'est un des premiers anime que j'ai eus, à l'époque où on s'échangeait des VHS devant Tonkam, j'en avais gardé un souvenir ému, mais là, j'ai lutté pour remater tout ça.
Je te passe l'aspect vieillot auquel on ne peut rien, mais en 2017, les HUD dessinés par un enfant de 8 ans qui a oublié d'apporter sa règle ce jour-là, désolé, c'est non :


Alors bien sûr, au milieu de toutes ces scènes à l'animation foireuse et au parallélisme aléatoire, tu as environ UNE scène par épisode où les mecs se sont mis à 60 pour te pondre un truc qui arrache la gueule, genre ça :


Non, le vrai problème de Bubblegum Crisis, c'est que c'est de la merde, tout simplement : y a rien qui se tient. RIEN. On a 4 meufs, on sait pas pourquoi elles sont ensemble, sur quels critères le recrutement s'est fait, Priss et Linna, on a aucune idée de ce qu'elles font dans la vie, le scénario de chaque épisode est perclus de Deus ex machina, de trucs dont tu sais pas d'où ça sort, encore une fois RIEN NE SE TIENT dans cette série. Scénaristiquement, tout est bâclé, les chansons de début et de fin, faut vraiment pas être difficile, la musique des épisodes, le doublage, le rythme, tout ça est branlant de bout en bout.

Alors je me dis "non mais c'est pas possible ! C'est pas mon Sonoda Ken'ichi qui a pondu des bouses pareilles ?"
Eh ben non, c'est pas lui. That's why. Il ne s'occupe que du chara design sur cette affaire-là. Le scénario, la réalisation, il est innocent, même si c'est sa boîte qui produit.


Parce que quand Ken'ichi s'occupe du scénario et de la réal', PARDON, mais ça ressemble à autre chose !

2) Gunsmith Cats

Voilà la vraie came, les mecs ! Voilà du vrai Sonoda Ken'ichi qui met les mains dans le cambouis d'un bout à l'autre !

Regarde-moi ce putain de talent pour le cadrage :


Regarde-moi ce découpage fabuleux :



Gunsmith Cats, c'est un condensé de tout ce qui fait l'identité de Sonoda :

- des femmes fortes et sexy


- une maniaquerie des armes à feu


- une maniaquerie des bagnoles


Chez Sonoda, les héros sont des femmes indépendantes qui n'ont pas besoin qu'on leur explique comment utiliser une arme ou un véhicule, elles gèrent, merci. Les mecs sont là pour le décor, à l'exception de Bean, le Jason Statham de la série. Ce qui frappe graphiquement, c'est l'aspect extrêmement dynamique et cinématographique du truc.


Tu kiffes ce genre de scène ?


Check this out :


Voilà, le père Sonoda, il te balance des scènes légendaires comme ça 20 ans avant qu'Hollywood ait les moyens de le faire.

Du bon turbin à l'ancienne, genre tous les dégradés à la trame, regarde-moi ce boulot d'artisan :


Pour toutes ces raisons, j'aime Sonoda Ken'ichi, je me souviens encore des heures passées dans ses artbooks, heureusement disponibles en ligne, que tu puisses te régaler aussi.

vendredi 30 décembre 2016

Helvète Revolver


Un être vous manque et le métro de Tokyo n'en est pas moins peuplé, comme quoi pour sortir des proverbes à la con, vaut mieux être né à la campagne.

Ce 24 décembre comptait donc un Suisse en moins dans l'archipel (enfin, "un Suisse"... le mec avait jamais entendu parler de la Marmite de l'Escalade, can you believe that shit ?), alors j'ai rien changé à mes habitudes, et je suis allé manger dans un chouette restaurant en compagnie d'une femme qui n'était pas ma copine, comme on va au zoo, pour voir toutes les autres tables de gens qui font semblant. Ces filles habillées comme des princesses, persuadées que l'amour véritable ça veut dire baiser 3 fois par an : le 14 février, le jour de l'anniversaire de monsieur – parce qu'il est difficile d'y couper –, et puis le 24 décembre, parce que comme il a payé un bon repas, il faut bien lui rendre la pareille, sinon on n'est pas quittes.

Japonaises, vous me charmez, et votre définition du romanti$me m'émeut dans ce qu'il y a de plus français en moi. Et ne me lancez pas sur la fréquence de vos visites chez le gynéco, hein.

Anyway, mon passif m'empêche 
évidemment de considérer Noël comme autre chose qu'une fête familiale et chocolatée, ce dont je vais vous entretenir aujourd'hui.

Tu vois la petite maison, là-haut ? C'est LE symbole de mes Noël d'enfant. Tellement que quand je l'ai vue sur le site de la Migros, alors que j'avais oublié jusqu'à son existence, j'ai failli chialer. La partie à droite se tire, et ça fait sortir les chocolats, mais aussi bouger les images, et alors la sorcière apparaît à la fenêtre.

Mes Noël, c'est ma grand-mère qui vient exprès de Suisse avec tellement de chocolats dans ses valises qu'il en reste encore en février. Et puis des calendriers de l'avent comme on n'en trouve plus, avec plein de paillettes qui se déposent un peu partout au fur et à mesure qu'on ouvre les fenêtres avec les dessins simplistes qui remplissent de joie ta journée et augmentent le désir d'ouvrir celle du 24 décembre parce qu'il y a DEUX BATTANTS.

Les chocolats, ce sont toujours les mêmes, à commencer par ceux qui décorent le sapin :


Il y a les pommes de pin, les cloches, mais surtout les boules – toujours une rose et une jaune –, et puis le champignon – mon préféré.

Il y a aussi les pièces dont j'aime faire fondre le centre avec la langue et qui ne prennent pas beaucoup de place, alors ma grand-mère en apporte toujours plein :


Et puis les napolitains, avec ce sac étroit où tu cherches du bout des doigts ceux que tu préfères en premier, et où tu laisses les fameux "Crémant", parce que c'est du chocolat noir.

Mais un Noël suisse, ce n'est pas que du chocolat, c'est aussi ÉVIDEMMENT la "tarte des Grisons", celle avec le chocolat dessus, dont ils ont changé la recette à un moment pour mettre du chocolat moins bon et je sais pas s'ils sont revenus à la recette originale, mais sérieux, le mec qui a décidé ça je lui souhaite bien du cancer à ce petit fils de pute. Et puis il y a la même sans chocolat dessus, plus sèche, mais de toute façon tu la manges en même temps que ton Nesquick/Ovomaltine/Benco/Tonimalt, donc ça va. Bien sûr, tu commences toujours par celle avec le chocolat dessus, l'autre n'étant qu'un pis-aller, aussi bonne soit-elle, c'est pas la même chose, tu peux pas t'empêcher de te sentir lésé.

Mais ça, c'est le facile-à-manger, le truc qui ne demande aucune éducation gustative.

Car il y a aussi le pain d'épice régional, qui s'appelle en vrai "biscôme" (ou "lebkuchen" comme on dit là-bas), mais j'en avais aucune idée jusqu'au projet d'écrire cet article et aux démarches googlesques qui vont avec, genre "pain d'épice+ours+Bern", puisque la Migros a décidé que mon enfance n'avait plus trop d'influence sur son catalogue hivernal.


Ma grand-mère en apportait au moins 2 : toujours 1 avec l'ours bernois dessus, en général avec une couche de massepain à l'intérieur, et un autre avec un dessin de Noël dessus, sur une plaque en pâte d'amande. Au début, non seulement j'aimais pas, mais en plus paie ton pain IMPOSSIBLE à découper tellement il est dense ! J'ai commencé à aimer en le trempant dans du lait, et depuis je ne le mange que comme ça, parce qu'on change pas une recette qui gagne, comme ne l'avait pas compris le fils de pute qui a niqué la qualité du chocolat sur ma tarte des Grisons.

Voilà, tout ça pour te dire que la Migros a été le partenaire officiel de mes Noël pendant un gros tiers de ma vie, et que malgré certains communiqués de presse, je vois toujours pas mes putains de Zwieback ou ma putain de petite maison Frey dans les magasins de la capitale, donc comme vous aimez bien voter tous les 3 mois des résolutions dont on n'avait pas forcément besoin, je vous propose pour dans 3 mois :

1) de vérifier qu'on est bien revenu à la recette de chocolat originale de la tarte des Grisons, il en va de votre réputation internationale.

2) de planifier "une semaine suisse" dans les grands magasins (ça existe pour les autres pays, alors bougez votre cul) PENDANT LA PÉRIODE DE NOËL avec les produits mentionnés dans cet article.

3) de nous balancer des Zwieback de la Migros toute l'année, c'est pas comme si le Japon était le pays qui se régale de pain séché en toutes occasions, hein ?

Schnäll !

lundi 17 octobre 2016

Seiyû, say me, say it together.


J’ai beau fréquenter de l’idol de chez Akimoto (pas Yamamoto Sayaka, malheureusement), je prête le moins d’attention possible à ce qui se passe là-bas, car, comme tu le sais déjà, chez Robert Patrick on soutient plutôt l’équipe adverse. Autant te dire que la mère Kago qui me fait mentir et qui rise from her grave, ça m’a bien fait plaisir.
La télévision japonaise, en revanche, n’a pas son pareil pour m’informer sur le devenir des unes et des autres, j’ai donc appris cette semaine que « Paruru » allait bosser un peu moins dans la danse et un peu plus dans la voix : elle veut devenir doubleuse (声優), si possible pour le studio Ghibli.

Et c’est exactement de ça dont je vais te parler aujourd’hui : le bordel qui entoure le doublage et pourquoi le fait que je n’aie pas à m’inquiéter pour la carrière de Paruru est bien le cœur du problème.

À l’occasion d’un récent cours de chant, je dis à ma prof « dis donc, t’es bien la seule prof de chant, ici ? »
- Ouais.
- Ça veut dire que tous les autres élèves qui viennent en même temps que moi, c’est pour être doubleur ?
- Ouais.
- Mais le chant, ça peut être pour des projets persos ou faire le malin au karaoke et lever des meufs, mais doubleur, t’es obligé de devenir pro pour en faire quelque chose, non ?
- Ouais.

À quoi elle ajouta que dans les faits, c’est un peu moins séparé que ça, vu que les doubleurs prennent aussi souvent des cours de chant. En effet, tu auras remarqué qu’on est passé d’une époque avec des génériques complètement séparés du cast de l’anime à une époque où au contraire on pousse les doubleurs de l’anime à interpréter également les génériques d’ouverture et de fin, histoire de renforcer l’identité du produit.

On est également passé d’une époque où les doubleurs ne montraient jamais leur gueule à une époque où la frontière est de plus en plus mince entre doubleuse et chanteuse à plein temps + gravure idol, la bigleuse de service ayant sans doute été le summum du phénomène, et du coup pas la dernière à avoir essuyé les plâtres d’un tel succès, le web 2.0 ayant pleinement contribué aux 2 aspects de sa carrière.

Et qui dit visibilité, dit donc critères supplémentaires pour trier les candidats : avant, tu pouvais te contenter d’avoir une super voix. Maintenant, on préfère aussi que t’aies un bon cul à vendre, c’est-à-dire qu’on prendra probablement celle qui a une moins super voix, mais qui va nous vider les stocks de goodies avec ses gros nichons ou sa gueule d’ange.
Déjà, tu sens le glissement qualitatif.

Mais y a plus fort encore.

À partir du moment où tes doubleurs sont visibles et deviennent des entités en 3D, ça veut dire que leur attractivité n’est plus seulement basée sur leur voix, et qu’on peut donc aller chercher de l’attractivité dans le physique aussi, d’accord, mais on peut carrément aller la chercher… Dans l’attractivité elle-même !
Et voilà le super poing de la vengeance qui arrive dans ton cul comme un François Hollande à la présidence française : on va utiliser des personnes DÉJÀ célèbres pour le doublage, donc fais péter les acteurs, les présentateurs télé, les comédiens de stand-up, tout ce qu’on a sous la main pourvu que ça soit déjà passé à la télévision et que ça soit bankable.
Et alors là, la qualité, t’as bien compris que tout le monde s’en tartine la bite avec du yaourt.

Or, tout ce qui relève du talent passant nécessairement par des agences (事務所) au Japon, on n’est plus tant dans le talent individuel du doubleur que dans la position de pouvoir de son agence, raison de ma non-inquiétude quant à la carrière de Paruru, indépendamment de ses compétences persos.

Et puisqu’on parle de compétences, ajoutons qu’on se retrouve aujourd’hui avec un paradoxe : à l’origine, on avait donc des agences qui recrutaient des doubleurs et leur expliquaient ce qu’il y avait à faire mais pas COMMENT le faire. C’est ainsi que chacun développait sa personnalité, mais également que la sélection naturelle opérait : on avait peu de doubleurs, mais le niveau était élevé (en France, ça correspond à la période dorée Lax-Carel-Balutin-Dax-Hernandez). Désormais, tu veux devenir doubleur, ben tu vas dans une école où on t’explique comment tout faire bien, du coup non seulement on perd la sélection naturelle puisque tout le monde acquiert les compétences, mais on se retrouve également avec une perte d’identité, comme l’a récemment mentionné Nozawa Masako.

Enfin, tu auras sans doute remarqué que les hommes ont des voix plus facilement identifiables, quitte à en devenir prisonnier (Hayami Shô, le mec qui restera Aizen Sôsuke jusqu’à la fin de sa vie, quel que soit le perso qu’il incarne), alors que les nanas, à part quelques-unes rapidement identifiables (les Sawashiro-Nôtô-Fukui et quelques autres), c’est grosso-modo les mêmes rôles d’hystéro-kawaii qu’elles se tapent, surtout en cette période d’idoling et de magical girls de groupe (paie tes groupes de 5 persos féminins du même âge sur 10 séries, comme ça on est bien sûr qu’aucune doubleuse ne sortira du lot…), mais elles ont en revanche l’avantage de la diversité : une nana peut très bien faire des rôles masculins, des enfants, ou des femmes de tout âge. Pour les mecs, en revanche, c’est mort : t’as l’âge de ta voix et la voix de ton âge. Tu peux faire plus vieux, mais pas plus jeune (c’est pour ça que les Son Goku, Luffy, Naruto, c’est des meufs), donc ou bien t’as une vraie voix de fils de pute, ou bien tu peux bien te gratter le cul pour trouver du taf.

Alors comme désormais plus personne ne veut devenir salaryman, autant te dire que ça se bouscule au portillon, entre ceux qui ont du talent mais pas une agence assez puissante, ceux qui sont dans une grosse agence alors ils sont 200 à vouloir choper le même rôle, celles qui sont moches… Le tout payé une misère, bien entendu, ce qui nous vaut la sentence « c’est plus difficile de devenir doubleur (= d’en vivre) que médecin ou avocat ».

Pendant ce temps-là, ce sont tes anime et tes jeux vidéo qui trinquent.

jeudi 31 décembre 2015

En vrai, les Japonais n'ont pas le sens du service.


Bon, cette année j'aurai donc pondu 2 articles, un pour chaque cartouche que tu auras mise à ta femme japonaise en 2015. Ah bah tiens, ça tombe bien : on va parler de sexe, justement.

Si tu t'intéresses un peu au Japon, tu auras sans doute vu passer cet article, qui t'explique (← sarcasme) pourquoi les Japonaises ne baisent plus. Déjà, niveau pertinence, tu auras remarqué qu'on trouve Muriel Jolivet JUSTE dans la partie de l'article qui n'explique rien, et QUE des Japonaises dans la partie explicative, autant dire que les meufs vont ÉVIDEMMENT te servir des excuses et non des raisons.

As usual, je m'en vais débunker tout ce tas de bullshit.

Des raisons pour lesquelles les Japonais ne baisent pas, c'est pas ça qui manque. Malheureusement, c'est pas ces raisons-là qui apparaissent dans l'article. Tiens, je te donne un exemple : l'article nous dit que "les hommes japonais" font pas comme-ci, font pas comme ça, bref, ils font pas comme dans les films que les grognasses japonaises s'enfilent en rêvant au Prince charmant.

On POURRAIT y croire... Mais...


Robert Patrick sort de son chapeau un AUTRE document qui relance la donne :


Ah bah tiens, elles veulent pas de sexe avec les Occidentaux non plus, on dirait. Donc cette histoire de mecs japonais = bullshit. Je dis pas non plus que ces gros connards de salaryman t'encouragent beaucoup à te laisser doigter quand ils ont des ongles jaunes de 5mm, je dis juste que ta Japonaise en couple elle a plus envie de baiser, même avec un non-Japonais.

Je pourrais me pourrir dès maintenant le prochain article qui parlera de la culture japonaise, mais je vais me limiter au sujet du jour et lâcher ma bombe :

1) si les Japonais célibataires ne baisent pas, c'est parce qu'ils ont des satisfactions de substitution, et c'est pas près de s'arrêter, vu que les entreprises japonaises ont pas l'intention de mettre la clef sous la porte juste pour que les gens arrêtent de passer leur vie sur leur téléphone et se remettent à copuler (← cercle vicieux, évidemment). D'ailleurs tu auras remarqué que l'article essaie de nous refourguer que les Japonais seraient "culturellement" contre le contact physique, mais les gars arrivent quand même à une population de 2 fois la France, car c'est en ne baisant pas qu'on se multiplie, c'est bien connu. Prenez-nous pour des cons.

2) si les couples ne baisent pas, c'est parce que...

Les Japonais n'ont PAS le sens du service.

Voilà.

"OH MON DIEU, Robert Patrick tu pars complètement en sucette, le service japonais est trop trop bien, les gens ils font des courbettes dans les trains et les policiers ils t'accompagnent jusqu'à l'endroit où tu veux aller et les gens des magasins ils sont trop trop gentils avec toi tout le temps ! Et même toi tu as dit que le Japon était un pays de services, TU L'AS DIIIIIIITT !"

Hum. Oui. "de services", au pluriel. Dans le sens "secteur tertiaire", tu vois. Mais ce "service" japonais que tu apprécies tant, il n'est JAMAIS gratuit. Tu le paies.

Et comment est-ce qu'on appelle un service payant ?
Une prestation, merci.

Donc oui, là-dessus nous sommes d'accord, les prestations japonaises sont assez satisfaisantes. Le problème, c'est quand on enlève l'argent. Quand on s'intéresse à ce que sont prêts à faire les gens en échange de rien. Dans ton couple, par exemple. Ah, tu vois.

Les Japonais n'ont pas le sens du service, ce n'est pas dans leur culture (et c'est donc pour cela que je ne leur reproche pas) : le mec qui ne te tient pas la porte n'est pas un "salaud" et le mec qui ne se lève pas pour laisser s'asseoir une femme enceinte n'est pas un "salaud" non plus. Il estime qu'il y a des places réservées et que les femmes enceintes n'ont qu'à les utiliser. Le mec qui EST sur une place réservée et qui fait semblant de dormir pour pas laisser s'asseoir la femme enceinte, lui, OK, c'est un salaud.

Les Japonais sont dans le fonctionnel : ils gambaru TOUJOURS pour obtenir quelque chose et JAMAIS pour rien. Ta femme baisait pour que tu l'épouses, elle baisait pour avoir un gosse (voire elle baisait pour avoir un gosse pour que tu l'épouses), maintenant que c'est fait, elle n'a plus besoin de gambaru. Point. Dorénavant elle ne baisera QUE quand elle aura envie. Le mec, pareil : fallait se marier pour monter les échelons du boulot, avoir un gosse pour le boulot, maintenant c'est fait, il peut de nouveau se concentrer sur son boulot. Tout le monde est rentré dans son moule social, c'est bon, on peut arrêter de se prendre la tête avec le côté humain. Je t'ai trouvé une vidéo qui démontre ça super bien :



Et c'est là que tu comprends ce manque de sens du service : ton mec est fatigué, qu'est-ce qui pourrait plus le détendre qu'une pipe ? Pourquoi tu la fais pas ? Tu me dis que t'es trop fatiguée pour baiser, je dis pourquoi pas ? Mais trop fatiguée pour embrasser ton mec ? Tu te fous de ma gueule. T'es pourtant jamais trop fatiguée pour piétiner 4 heures dans les grands magasins, hein ?
Et toi, t'es pas trop fatigué pour faire semblant de bosser 16 heures par jour, pour faire 4 sessions de tennis/golf/muscu par semaine, mais t'es trop fatigué pour t'occuper de ta femme ?

EH BEN OUI LES CONNARDS, vous êtes peut-être fatigués, vous avez peut-être pas SUPER envie, mais c'est justement ça qu'on appelle le service : se forcer un peu en échange de rien d'autre que la satisfaction de l'autre. Exactement ce que les Japonais ne savent pas faire. Parce que c'est bien beau d'avoir des proverbes genre "l'appétit vient en mangeant" (噛めば噛む程味が出る), mais si personne commence à toucher à la bouffe, ben la bouffe il faudra la jeter.

Et voilà où en sont vos vies. Alors bien sûr, il y a des TAS de raisons pour lesquelles les gens ne baisent pas, mais s'il y en a une qui est commune à TOUS, c'est que les Japonais n'ayant pas le sens du service, ils ne font jamais que ce qu'ils sont obligés de faire ou ce qu'ils ont envie de faire. Quand ça veut baiser, quand ça doit baiser, ça baise. Le reste du temps, c'est chacun pour sa gueule.

samedi 11 juillet 2015

De l'inhumanité des Japonais.

Oh là là, avec un titre pareil, j'entends déjà crier au "racisme" les tatamisés de la bite, ceux qui triment et vivent à l'okozukai, qui n'ont pas touché leur meuf depuis plus de 6 mois mais pensent que c'est moi l'aigri du Japon, et les tatamisés du cerveau, ceux qui n'ont jamais vécu ici, n'y ont évidemment jamais travaillé, mais adoooooorent tellement les brochettes jambon-fromage que le Japon c'est forcément le paradis, avec cette culture si raffinée, ces femmes qui marchent à petits pas dans leur kimono tout serré, et puis jamais un mot plus haut que l'autre...

Ta gueule.

Arrête de spéculer comme un Belge et lis la suite.

J'entends également les encouragements de tous les anti-Japon primaires, de ceux qui sont ravis de lire le mal que j'écris des nanas qu'ils ne toucheront jamais à ceux qui pensent encore que Pearl Harbor était une manœuvre japonaise, sans oublier ceux qui ont vécu le Japon dans l'aigreur, en n'ayant aucun ami japonais, parce que les Japonais "c'est vrai, ils ne sont pas très humains, ils ne montrent jamais leurs sentiments"...

Ta gueule.

Toutes les cultures sont pas obligées d'être expansives, de vivre dans les perpétuelles effusions comme des putains d'Américains de télé-réalité.

Et depuis quand les Japonais ne sont pas expansifs, d'abord ?
Y a pas plus expansif qu'une Japonaise : du "Yada !" qui refuse la sodomie au "Dai suki !" qui accepte ton sac Vuitton, en passant par le "KAWAAAAAAAAIIIIIIIII !!!!" qui avertit tout le quartier que Greluche 1re a orné son quintal acnéique d'un joli nœud dans les cheveux ou paré son iPhone d'immondes oreilles de lapin, sans même parler des couinements pour dire qu'elle s'en va, je pense qu'on a là suffisamment de preuves que les Japonais ont un arc-en-ciel de sentiments, arc-en-ciel dont les couleurs ne sont pas équitablement réparties, certes, mais quand même.

Tu vas me dire "oui, mais les hommes...". Quoi, les hommes ? Les hommes, ils bossent ! Ils ont pas que ça à foutre de se balader d'un magasin à l'autre en trouvant "KAWAAAAAAAAIIIIIIIII !" tout ce qu'ils ont envie d'acheter pour compenser leur vie de merde.
Et puis les hommes, ça pleure aussi. Des fois devant Clannad, des fois en public.



Bon. On peut y aller ?

Si jamais tu as entendu dire que les Japonais étaient un "peuple cruel", c'est tout à fait vrai. Et d'abord cruel avec lui-même. Parce qu'il est déshumanisé.
Tout, dans la société japonaise, nie l'humain.

À commencer par la non-reconnaissance des besoins primaires de l'être humain. C'est quoi les besoins primaires ? C'est tes besoins physiologiques : faim, soif, sexualité, respiration, sommeil, élimination.
Trouve les intrus (je t'ai un peu aidé, parce que tout le monde ne vit pas au Japon. Pour un facho aigri à la bouche cartonnée, je me trouve bien miséricordieux...)

La sexualité, ça se discute. Pour une société qui baise pas, elle te fournit quand même un max de services sexuels, et t'absout même en cas d'adultère si tu as un prétexte professionnel.
Que demande le peuple, alors ?

Du sommeil, exactement.

Le salaryman, cette pourriture

Pour parler du sommeil, il nous faut parler du salaryman. Défini comme "héros de l'économie japonaise" par ce brainwashing fabuleux qu'étaient les nihonjinron (encore bien vivaces), le salaryman est en fait une SALOPERIE DE PARASITE qui plombe comme jamais l'économie de son pays.

En effet, organisant son emploi du temps en fonction du nombre d'heures supplémentaires qu'il veut être payé (= que sa femme veut toucher), ce fils de pute va se branler pendant 14 heures par jour pour faire 2 heures de travail effectif, et le reste à "être présent", soit à regarder son Facebook, soit à dormir aux chiottes, soit à discuter/fumer/baiser une secrétaire, etc.
Bref, ce trou-de-balle a décidé que le GDP, c'était pas son problème.

Sauf que qui c'est qui paie les heures sup' qui servent à rien ? L'entreprise, exactement.

Toujours apte à utiliser des jolis mots pour mentir, la langue japonaise nous gratifie donc d'un 過労死 ("karôshi") en cas de mort subite du polisson, littéralement "mort par excès de travail".

PAR "EXCÈS DE TRAVAIL", VRAIMENT ?

Y a pas UN PUTAIN de salaryman dans ce pays qui travaille plus qu'un cuisinier, et les cuisiniers, curieusement, ils meurent pas "d'excès de travail" ! Y a pas comme un putain de problème ?

Bien sûr qu'il y a ! Il y a un problème, parce que les mecs ne meurent pas "d'excès de travail", ils meurent de stress et de manque de sommeil (et pourtant, les cuisiniers ça dort pas beaucoup non plus, hein).

Et pourquoi il manque de sommeil, Jo-le-parasite ? Parce que la société japonaise ne le considère pas comme un humain.

T'es un homme, t'es là pour bosser, t'es une femme, t'es là pour pondre (et puis maintenant on t'encourage AUSSI à bosser, comme ça toute la merde de l'entreprise et le stress, c'est aussi pour ta gueule). Et puis on vous demande pas de vous aimer, hein, on vous demande juste de vous mettre ensemble et de chier du moutard qui travaillera plus tard lui aussi, pour le bien de l'amère patrie.

Bref, la société japonaise traite son peuple comme du bétail, ni plus ni moins. Parqué dans sa vie de merde à enfanter de la chair à kaisha, tout ça est élevé soit pour être trait, soit pour être mangé. Je te passe les effets collatéraux, du manque de crèches (le confort, ce gadget) au traitement de la douleur à l'hôpital et à la prise en charge des vieux qui doivent bosser jusqu'à leur dernière seconde de validité.

Le résultat ? Les Japonais sont malheureux à en crever. Alors qu'ils sont dans un pays où tu lâches 500€ chez le coiffeur (heureusement que c'est la crise, hein) et où t'as juste AUCUNE chance de marcher sur une mine anti-personnel. Les pauvres.
 
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